Pleins feux sur les apprenantes et apprenants : Le parcours de Vivian vers le plaidoyer en faveur de la santé mentale fondé sur les droits

11 mai 2026
Reportage

Pour Vivian Anyango Aola, la santé mentale est une question profondément personnelle. Pendant son enfance, elle voyait autour d’elle des personnes confrontées à la détresse émotionnelle et privées d’accès à un soutien, à une oreille compréhensive ou à des solutions. Ces expériences vécues dès un jeune âge l’ont menée au travail qu’elle fait aujourd’hui en tant que défenseuse de la santé mentale à la mission St. Daniel Comboni située à Nairobi, au Kenya.

« La santé mentale, c’est une question de sentiments – quelque chose que nous vivons toutes et tous au quotidien », explique Vivian. « Veiller à ce que les gens bénéficient d’un soutien pour affronter ces sentiments est ce qui motive mon travail. »

Créer des espaces sûrs et lutter contre la stigmatisation

Dans son travail, Vivian est en contact étroit avec des personnes souffrant de troubles mentaux et de déficiences psychosociales, intellectuelles et cognitives. Par le dialogue, l’écoute et l’apprentissage partagé, elle contribue à créer des espaces sûrs où les gens se sentent vus, entendus et respectés. Cependant, la stigmatisation et la discrimination demeurent des obstacles importants.

« Être témoin de la stigmatisation ne fait que renforcer ma détermination à lutter pour l’inclusion, l’acceptation et l’égalité de traitement pour toutes et tous », dit-elle.

Vivian s’est inscrite au cours en ligne QualityRights en santé mentale de l’OMS, de formation autonome, disponible sur la plateforme d’apprentissage de l’Académie de l’OMS, pour approfondir ses connaissances et renforcer ses compétences en matière de plaidoyer. Ce cours en six modules permet d’acquérir les bases nécessaires pour lutter contre la stigmatisation et la discrimination et pour promouvoir des approches centrées sur la personne et fondées sur les droits dans le domaine de la santé mentale.

« Le cours m’a donné une nouvelle perspective », affirme-t-elle. « Il m’a montré comment apporter mon soutien aux personnes en respectant leur autonomie et favorisant leur rétablissement, plutôt qu’en me concentrant uniquement sur leur traitement. »

Importance de la langue et de la culture

Depuis son lancement, plus de 141 000 personnes dans le monde se sont inscrites au cours, qui est désormais disponible en 17 langues sur la plateforme d’apprentissage. Cela en fait le cours de l’OMS disponible dans le plus grand nombre de langues.

Pour Vivian, l’accessibilité est essentielle pour transformer les systèmes de santé mentale. « La langue est une passerelle entre les professionnels et les communautés », explique-t-elle. « Lorsque les ressources en santé mentale sont disponibles dans les langues locales, cela permet de réduire les malentendus, d’instaurer la confiance et d’encourager les gens à demander de l’aide. Cela donne également aux personnels de santé les moyens d’offrir des soins adaptés et pertinents d’un point de vue culturel. »

Il ressort d’une évaluation mondiale du cours, aux fins de laquelle les données de plus de 3000 apprenantes et apprenants ont été analysées, que les attitudes envers les personnes souffrant de troubles mentaux s’étaient améliorées de 22,78 % après avoir suivi le cours, des changements plus importants encore ayant été constatés dans les pays à revenu faible ou intermédiaire (29,18 %) par rapport aux pays à revenu élevé (20,58 %).[1]

 « Le cours dote les participantes et participants des connaissances et compétences essentielles pour transformer la santé mentale en un système davantage axé sur les droits, plus inclusif et plus orienté vers le rétablissement », explique Vivian. « Cela renforce l’idée que le changement est possible. Lorsque les gens comprennent les droits, la dignité et le rétablissement, le système tout entier peut commencer à changer. »