Troubles mentaux

11 septembre 2026
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L’essentiel

  • Près d’une personne sur sept dans le monde présente un trouble mental.
  • Les troubles mentaux peuvent entraîner de graves perturbations au quotidien et des souffrances à long terme s’ils ne sont pas traités.
  • Il existe de nombreux types de troubles mentaux.
  • Il est possible de les prévenir et de les traiter efficacement.
  • La plupart des personnes malades n’ont pas accès à des soins efficaces.

Un trouble mental se caractérise par une altération majeure, sur le plan clinique, de l’état cognitif, de la régulation des émotions ou du comportement. Il s’accompagne généralement d’un sentiment de détresse ou de déficiences fonctionnelles dans des domaines importants. Il existe de nombreux types de troubles mentaux, également appelés problèmes de santé mentale. Cette dernière expression, plus large, englobe les troubles mentaux, les handicaps psychosociaux et d’autres états mentaux associés à un sentiment de détresse, à des déficiences fonctionnelles ou à un risque de comportement auto-agressif importants. Ces Principaux repères portent sur les troubles mentaux décrits dans la Onzième Révision de la Classification internationale des maladies (CIM-11).

En 2023, 1,2 milliard de personnes (soit près d’une sur sept) dans le monde présentaient un trouble mental, les troubles anxieux et les troubles dépressifs étant les plus courants (1). Alors qu’il est possible de prévenir et de traiter efficacement ces troubles, la plupart des personnes qui en souffrent n’ont pas accès à des soins efficaces. Nombre d’entre elles sont également victimes de stigmatisation ou de discrimination et leurs droits humains ne sont pas respectés.

Troubles anxieux

En 2023, 470 millions de personnes, dont 146 millions d’enfants et d’adolescentes et adolescents, présentaient un trouble anxieux (1). Les troubles anxieux se caractérisent par une peur et une inquiétude excessives et par des troubles du comportement connexes. Les symptômes sont suffisamment graves pour entraîner un sentiment de détresse important ou des déficiences fonctionnelles majeures. Il existe plusieurs types de troubles anxieux, dont le trouble d’anxiété généralisée (caractérisé par une inquiétude excessive), le trouble panique (caractérisé par des attaques de panique), le trouble d’anxiété sociale (caractérisé par une peur et une inquiétude excessives dans des situations sociales) et le trouble d’anxiété de séparation (caractérisé par une peur ou une anxiété à l’idée d’être séparé des personnes avec lesquelles on a un lien affectif fort). Il existe des traitements psychologiques efficaces et, en fonction de l’âge et de la gravité du problème, des médicaments peuvent aussi être envisagés.

Dépression

En 2023, 322 millions de personnes présentaient une dépression, dont 43 millions d’enfants et d’adolescentes et adolescents (1). La dépression diffère des sautes d’humeur habituelles et des réactions émotionnelles passagères face aux problèmes du quotidien. Un épisode dépressif se caractérise par une humeur morose (sentiment de tristesse, d’irritabilité, de vide) ou une perte de plaisir ou d’intérêt, pendant la majeure partie de la journée, presque tous les jours, pendant au moins deux semaines. Plusieurs autres symptômes peuvent également être présents : difficultés de concentration, sentiment de culpabilité excessive ou dévalorisation de soi, sentiment de désespoir face à l’avenir, pensées liées à la mort ou au suicide, troubles du sommeil, variations de l’appétit ou du poids, et sensation de grande fatigue ou de manque d’énergie. Les personnes dépressives sont plus exposées que les autres au risque de suicide. Il existe des traitements psychologiques efficaces et, en fonction de l’âge et de la gravité de la dépression, des médicaments peuvent aussi être envisagés.

Trouble bipolaire

En 2023, 36 millions de personnes, dont 3,3 millions d’adolescentes et d’adolescents âgés de 10 à 19 ans, présentaient un trouble bipolaire (1). Les personnes atteintes d’un trouble bipolaire présentent, en alternance, des épisodes dépressifs et des épisodes maniaques. Un épisode dépressif se caractérise par une humeur morose (sentiment de tristesse, d’irritabilité, de vide) ou une perte de plaisir ou d’intérêt, pendant la majeure partie de la journée, presque tous les jours. Les épisodes maniaques se caractérisent par une euphorie excessive ou une irritabilité, une hyperactivité ou une énergie décuplée, ainsi qu’une logorrhée, une fuite des idées, une estime de soi exagérée, une réduction du besoin de sommeil, une distractibilité, et un comportement impulsif et téméraire. Les personnes qui présentent un trouble bipolaire sont plus exposées que les autres au risque de suicide. Des traitements efficaces existent, notamment la psychoéducation, le renforcement du fonctionnement en milieu social et les médicaments.

Trouble de stress post-traumatique (TSPT)

Un trouble de stress post-traumatique peut survenir à la suite d’un événement ou d’une série d’événements particulièrement menaçants ou horribles. Ce trouble se caractérise par les symptômes suivants : 1) la personne revit l’événement ou les événements traumatisants (souvenirs envahissants, réminiscences ou cauchemars) ; 2) la personne évite de penser à l’événement ou aux événements, ou de se les rappeler, ou évite les activités, situations ou personnes qui les lui rappellent ; et 3) la personne perçoit une menace accrue en permanence. Ces symptômes durent au moins plusieurs semaines et provoquent d’importantes déficiences fonctionnelles. Il existe des traitements psychologiques efficaces.

Schizophrénie

En 2023, la schizophrénie touchait environ 27 millions de personnes – soit une sur 300 – dans le monde (1). Les personnes qui en sont atteintes meurent en moyenne neuf ans plus tôt que la population générale (2). La schizophrénie se caractérise par une distorsion notable de la perception et par des altérations du comportement. Les symptômes sont notamment les suivants : idées délirantes récurrentes, hallucinations, désorganisation de la pensée et du comportement ou agitation extrême. Les personnes atteintes de schizophrénie peuvent éprouver des difficultés cognitives durables. Il existe des traitements efficaces (médicaments, psychoéducation, interventions en milieu familial et réadaptation psychosociale).

Troubles de l’alimentation

En 2023, 18 millions de personnes, dont 4,7 millions d’enfants et d’adolescentes et adolescents, présentaient des troubles de l’alimentation (1). Les troubles de l’alimentation, tels que l’anorexie mentale et la boulimie nerveuse, se caractérisent par un comportement alimentaire anormal et une préoccupation excessive pour la nourriture, qui s’accompagnent de vives inquiétudes concernant le poids et la forme du corps. Ces symptômes ou comportements entraînent un risque voire des effets très néfastes pour la santé, un grand sentiment de détresse ou encore des déficiences fonctionnelles majeures. L’anorexie mentale apparaît souvent pendant l’adolescence ou au début de l’âge adulte et est associée à une mort prématurée, due à des complications médicales ou au suicide. Les personnes boulimiques sont exposées à un risque significativement accru d’usage de substances psychoactives, de suicide et de complications médicales. Il existe des traitements efficaces, notamment des thérapies familiales et cognitives.

Comportements perturbateurs dyssociaux

En 2023, 39 millions d’enfants et d’adolescentes et adolescents présentaient un trouble dyssocial du comportement (1). Ce trouble, aussi connu sous le nom de trouble des conduites, constitue l’un des deux comportements perturbateurs dyssociaux, le second étant le trouble oppositionnel avec provocation. Les comportements perturbateurs dyssociaux se caractérisent par des troubles du comportement récurrents (provocation ou désobéissance incessantes, ou comportements systématiquement contraires aux droits fondamentaux d’autrui ou aux principales normes, règles ou lois de nature sociale applicables à l’âge de la personne). Ces troubles apparaissent généralement, mais pas toujours, pendant l’enfance. Il existe des traitements psychologiques efficaces (acquisition d’aptitudes cognitives à la résolution des problèmes et/ou de compétences sociales), auxquels doivent souvent participer les parents, les aidantes et aidants et les enseignantes et enseignants.

Troubles neurodéveloppementaux

Les troubles neurodéveloppementaux sont des troubles du comportement et cognitifs qui surviennent au cours du développement et entraînent des difficultés importantes dans l’acquisition et l’exécution de fonctions intellectuelles, motrices, langagières ou sociales spécifiques.

Parmi les troubles neurodéveloppementaux figurent le trouble du développement intellectuel, le trouble du spectre de l’autisme et le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H). Ce dernier se caractérise par une inattention et/ou une hyperactivité-impulsivité persistantes qui ont des effets négatifs directs sur le fonctionnement scolaire, professionnel ou social. Les troubles du développement intellectuel se manifestent par un fonctionnement intellectuel et un comportement adaptatif extrêmement limités, c’est-à-dire des difficultés à acquérir les aptitudes théoriques, sociales et pratiques nécessaires à la vie quotidienne. Le trouble du spectre de l’autisme regroupe un ensemble d’affections qui se caractérisent par un certain degré d’altération de la communication sociale et des interactions sociales, ainsi que par des modes de comportements, intérêts ou activités qui sont systématiquement limités, répétitifs et rigides.

Il existe des traitements efficaces (interventions psychosociales, interventions comportementales, ergothérapie et orthophonie). Pour certains diagnostics et certaines tranches d’âge, des médicaments peuvent aussi être envisagés.

Facteurs de risque

Différents facteurs individuels, familiaux, communautaires et structurels peuvent se combiner pour former un ensemble qui protège ou, au contraire, compromet la santé mentale. Si la plupart des personnes sont résilientes, celles qui sont exposées à des conditions difficiles – y compris la pauvreté, la violence, le handicap et les inégalités – sont plus vulnérables. Parmi les facteurs de protection et de risque figurent les facteurs psychologiques et biologiques, tels que les compétences émotionnelles et la génétique. Les changements intervenant dans la structure et/ou le fonctionnement du cerveau ont une influence sur de nombreux facteurs de protection et de risque.

Systèmes de santé et soutien social

Les systèmes de santé ne répondent pas encore de manière adéquate aux besoins des personnes qui présentent des troubles mentaux et font face à un manque criant de ressources. Partout dans le monde, il existe un écart béant entre l’offre et les besoins de traitements. Qui plus est, les soins administrés sont souvent de mauvaise qualité. Par exemple, seulement 40 % des personnes présentant une psychose (3) et un tiers des personnes atteintes de dépression reçoivent des soins de santé mentale structurés (4).

Par ailleurs, les personnes atteintes d’un trouble mental ont besoin de soutien social, notamment pour nouer et entretenir des relations personnelles, familiales et sociales. Elles peuvent également avoir besoin de soutien pour accéder à l’éducation, à l’emploi et au logement, ainsi que pour participer à d’autres activités utiles.

Action de l’OMS

Dans son Plan d’action global pour la santé mentale 2013-2030, l’OMS reconnaît le rôle essentiel que joue la santé mentale à l’égard de l’objectif de la santé pour toutes et tous. Ce plan comporte quatre grands objectifs :

  • renforcer le leadership et la gouvernance dans le domaine de la santé mentale ;
  • fournir des services de santé mentale et d’aide sociale complets, intégrés et adaptés aux besoins dans un cadre communautaire ;
  • mettre en œuvre des stratégies de promotion et de prévention dans le domaine de la santé mentale ; et
  • renforcer les systèmes d’information, les bases factuelles et la recherche dans le domaine de la santé mentale.

Le Programme d’action Combler les lacunes en santé mentale (mhGAP) s’appuie sur des orientations, outils et supports de formation fondés sur des données factuelles pour développer les services dans les pays, en particulier ceux dont les ressources sont limitées. Il porte sur un ensemble prioritaire de troubles, orientant le renforcement des capacités vers les prestataires de soins non spécialisés dans le cadre d’une approche intégrée en faveur de la santé mentale à tous les niveaux des soins. La version 2.0 du Guide d’intervention mhGAP de l’OMS, qui fait partie de ce programme, contient des orientations sur l’évaluation et la prise en charge des troubles mentaux à l’intention des médecins, du personnel infirmier et des professionnelles et professionnels de la santé qui travaillent dans des contextes sanitaires non spécialisés.

 

Références bibliographiques

(1) 2023 Global Burden of Disease (GBD) [base de données en ligne]. Seattle: Institute for Health Metrics and Evaluation; 2024 (https://vizhub.healthdata.org/gbd-results/).

(2) Yung NCL, Wong CSM, Chan JKN, Chen EYH, Chang WC. Excess mortality and life-years lost in people with schizophrenia and other non-affective psychoses: an 11-year population-based cohort study. Schizophr Bull. 2021;47(2):474–84 (https://doi.org/10.1093/schbul/sbaa137).

(3) Mental health atlas 2024. Geneva: World Health Organization; 2025.

(4) Moitra M, Santomauro D, Collins PY, Vos T, Whiteford H, Saxena S, et al. The global gap in treatment coverage for major depressive disorder in 84 countries from 2000–2019: a systematic review and Bayesian meta-regression analysis. PLoS Med. 2022;19(2):e1003901 (https://doi.org/10.1371/journal.pmed.1003901).